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Mardi 21 mai 2013 2 21 /05 /Mai /2013 17:38

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Les personnes atteintes de douleurs chroniques souffrent souvent de troubles associés : dépression, anxiété, perte du sommeil. Ces symptômes reflètent un remodelage des connexions neuronales lié à une stimulation permanente du cerveau.


La douleur est une expérience physique et émotionnelle désagréable qui peut devenir insupportable surtout quand elle perdure. C’est le cas des douleurs chroniques, celles qui se prolongent au-delà de trois mois, présentes dans des pathologies aussi diverses que les rhumatismes, les cancers ou les maladies auto-immunes. Les personnes qui en souffrent ressentent ce tourment à longueur de journée et ne sont que très partiellement soulagées par les traitements classiques. Plusieurs autres désagréments sont souvent associés à cette souffrance : dépression, troubles de sommeil, apathie, anxiété…

Jusqu’à présent les algologues, les spécialistes de la douleur, pensaient que ces troubles étaient liés à la psychologie de la personne qui a force d’avoir mal finissait par déprimer et se replier sur soi. Des chercheurs de la Feinberg School of Medicine (Université de Chicago) ont prouvé, pour la première fois, que ces symptômes ne sont pas directement liés à la sensation de douleur mais résulte bien d’un dysfonctionnement organique du cerveau.

Ils ont constaté, à l’aide de l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle et du scanner, que dans un cerveau sain toutes les régions étaient en équilibre : lorsqu’une zone est activée, les autres sont mises au repos. Mais chez les personnes atteintes de douleurs chroniques, une région du cortex frontale, associée aux émotions, ne se « tait jamais ». Cette expression ininterrompue peut créer des lésions cérébrales permanentes. En effet, les neurones ne pouvant soutenir cette activité permanente semblent remodeler leurs connexions et certains sont même détruits dans ce processus.

Selon les auteurs de l’étude, publiée dans le Journal of Neurosciences, ce « recablage » est à l’origine des troubles associés car c’est l’ensemble de l’équilibre cérébral qui est perturbé. Ces conclusions démontrent qu'il est essentiel d'étudier de nouvelles approches pour traiter les patients, non seulement pour contrôler leur douleur mais aussi pour évaluer et prévenir les dysfonctionnements qui peuvent être générés dans le cerveau par la douleur chronique.


Joël IGNASSE
Sciences et Avenir.com
08/02/2008

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Article collecté sur le site :

Edité le 21 mai 2013 par,
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Mardi 21 mai 2013 2 21 /05 /Mai /2013 17:21

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HISTORIQUE

XIXème siècle 

Travaux de CHARCOT et de son école

Troubles fonctionnels

Ni étude ni recherche

Jusqu’en 1970 : troubles psychosomatiques

 

1904 (anglosaxons)

Fibrositis

Suppose lésions inflammatoires muscles ou intermusculaires

Jusqu’en 1980

 

1977 SMYTHE & MOLDOFSKY (canadiens)

Fibromyalgia ou fibromyalgie

Soulignent l’attention sur l’existence de points douloureux à la pression et coesixtence de fatigue et troubles du sommeil

 

1990  Critères de l’American Collège Rhumatologie de classification et non diagnostiques

-          Douleur chronique diffuse

-          Sensibilité à la palpation 11 points / 18 (points de YUNUS)

-          Douleur chronique sup. 3 mois

 

WOLFE critique a posteriori les critères qu’il avait proposés en 1990, estimant comme une possible erreur d’avoir choisi les points douloureux. Propose un questionnaire (regional pain scale)

 

Elle a été aussi nommée syndrome polyalgique idiopathique diffus (SPID) ; rhumatisme musculaire chronique (1901), rhumatisme psychogène (1960), ribrosite (1983), rhumatisme des tissus mous ….

 

 2010 - ScienceDaily (Juin 6, 2010) - L'American College of Rheumatology (ACR) propose une nouvelle série de critères de diagnostic pour la fibromyalgie qui inclut des symptômes communs tels que fatigue, troubles du sommeil et des problèmes cognitifs, ainsi que la douleur.


«Il y a de nombreuses lacunes avec les critères précédents, qui ne prennent pas en compte l'importance des symptômes communs, dont une fatigue importante, un manque de clarté mentale et l'oubli, les problèmes de sommeil et une altération de la capacité de fonctionner à faire des activités normales", a déclaré M. Katz.

Selon M. Katz, douleur de la fibromyalgie peut fluctuer, ce qui peut affecter le nombre de points sensibles, et le test des points sensibles n'ont pas de mesurer adéquatement la sévérité des symptômes ou l'efficacité des nouveaux traitements.

 

Le test des points sensibles est remplacé par un indice de la douleur généralisée et une échelle de gravité des symptômes.

 

  • Le score de douleur généralisée indice est déterminé en comptant le nombre de zones sur le corps où le patient a ressenti une douleur dans la dernière semaine. La liste comprend 19 zones spécifiées.

 

  • Le score de sévérité des symptômes est déterminée par notation sur une échelle de zéro à trois, trois étant le plus répandu, la sévérité de trois symptômes les plus courants : fatigue, symptômes, se réveiller reposée, et cognitives. 

 

  • Trois points supplémentaires peuvent être ajoutés pour tenir compte de l'étendue des symptômes supplémentaires tels que des étourdissements, vertiges, nausées, syndrome du côlon irritable ou la dépression. Le score final est compris entre 0 et 12.

 

  • Pour répondre aux critères d'un diagnostic de la fibromyalgie un patient aurait sept ou plusieurs domaines douleur et un score de sévérité des symptômes de cinq ou plus; trois à six domaines douleur et un score de sévérité des symptômes de neuf ou plus.

 

Certains critères resteront inchangés. Les symptômes doivent être présents depuis au moins trois mois, et le patient n'a pas de trouble qui peut, autrement, expliquer la douleur.

 

Prévalence maladie rare > 1/1000

N°ORPHANET ORPHA41842

CIM 10 – M79.7

1,5 à 5% de la population (selon pays)

Femmes 30/50 ans

4 femmes/1 homme

Diagnostiquée chez l’enfant

Evolution : Nombreuses années ; Variabilité

Conséquence : entrave de l’exercice physique et déconditionnement à l’effort

Invalidante / chronique / sévérité variable

Facteurs de risque : aucun mis à part la notion d’enfance douloureuse (violence, abandon, agression sexuelle) ; la notion de stress physique (accident, chute, chirurgie…) ; la notion de stress psychique (choc, deuil, évènements graves…) dans les évènements immédiats.

Dans certains cas aucun de ces facteurs n’est retrouvé.

 

La fibromyalgie ne peut être qu’un diagnostic d’exclusion (ni lésion anatomique, ni signe biologique, ni radiologique spécifique)

 

Les recherches se concentrent principalement sur des anomalies fonctionnelles de l’axe di-encéphalo-hypophyso-surrénalien 

 

- Baisse taux sérique sérotonine & Baisse acide EHIA

Rôle sérotonine : modulation douloureuse, baisse nociception et régulation sommeil

Trouble métabolisme sérotonine : céphalées, dépression, colopathie fonctionnelle

 

- Augmentation taux substance P dans le liquide cérébro spinal


Rôle dans la sensibilisation médullaire


La substance P  (Pain)  abaisse le seuil de l'excitabilité synaptique, permettant de démasquer des synapses interspinales normalement silencieuses  et la sensibilisation des neurones spinaux du second degré

 

- Augmentation taux nerve grouth factor (NGF)

 

- Désordre SNC supra spinal : déficit des contrôles inhibiteurs de la douleur

 

Débimétrie cérébrale : montre une réduction des flux sanguins cérébraux dans le thalamus et le noyau caudé, le tegmentum pontin et le noyau lenticulaire (réduction des processus centraux d’inhibition de la transmission douloureuse)

 

Anomalies de l’imagerie cérébrale  :

 

-         Elles confortent le syndrome et conçoivent les centres nerveux supra spinaux comme origine commune

 

-        On constate un abaissement du seuil de perception douloureuse avec induction de douleur par un stimulus qui n’en induit pas à l’état normal : allodynie. Abondamment démontré non seulement pour la pression mais aussi pour des stimuli thermiques et électriques.


Signalé : amplification sensorielle (hyperacousie et hypersensibilité vestibulaire)

Exacerbation de phénomène de sensibilisation (WINDUP) du 2ème neurone. Implication des récepteurs NMDA (N-methyl-D-aspartate). L’effet favorable de la KETAMINE (antagoniste NMDA) sur la douleur des FM apporte un argument à ce mécanisme.

 

Manifestations en amont

Très longue période de signes précurseurs très peu spécifiques et donc seulement reconnus une fois le diagnostic posé :

Fatigue anormale à l’effort

Inconfort musculaire, courbatures, fourmillements

Station debout pénible

Intolérance chaud/froid

Troubles digestifs divers (estomac, colon irritable)

Vessie irritable

Troubles du sommeil

 

Maladie

Douleur = symptôme principal toujours présent


Nuque, épaules, région interscapulaire, omoplates, bas du dos, hanches, genoux, plante pieds, fessiers, mains, face, dents

Sourde ou aigüe

Type brûlure, piqûre, fourmillements, engourdissement


Fatigue = symptôme le plus constant avec la douleur

Troubles du sommeil : peu ou pas réparateur

Somnolence diurne, réveil fatigué

Troubles psychologiques

Anxiété, état dépressif (antérieur à la FM, réactionnel, secondaire ?)


Symptômes associés :

Migraines et/ou céphalées de tension

Hypersensibilité bruits, lumière, odeurs

Troubles transit

Troubles urinaires

Douleurs ventre

Thermorégulation (intolérance chaud ou/et froid)

Jambes sans repos

Signes du syndrome sec de Gougerot-Sjögren

Dystonie temporo-mandibulaire, dysautonomie avec hypotension orthostatique

Troubles cognitifs (Difficultés de concentration, troubles mémoire, difficulté à trouver le mot juste)

Gorge piquante, racle, amygdales enflammées, fausses routes

Troubles audition, acouphènes

Vision trouble

Vertiges à la marche

 

 

Conséquences

Entrave de l’exercice physique et déconditionnement à l’effort

Invalidante sans signe de lésions visibles

Gestes habituels pénibles (marche, escalier, courses, sport, conduite….)

Epuisement au moindre effort

 

 

Les modalités courantes du traitement de la  fibromyalgie mènent rarement au soulagement à long terme.


Fondamentalement la philosophie habituelle de prise en charge du FMS  est d'aider le patient de manière constructive à s'adapter à une qualité de vie  détériorée par douleur, fatigue et autres symptômes. La résistance des symptômes du FMS   aux traitements contemporains a été récemment accentuée.


En dépit de cette image sombre il y a des éléments de preuves  que des patients  fibromyalgiques  peuvent être améliorés  par une approche multidisciplinaire qui souligne l’importance  de  l'éducation, la thérapie comportementale cognitive, le traitement thérapeutique de la douleur, la participation active  à un programme  d'exercice aérobie , le traitement prompt des problèmes psychologiques et l'attention aux syndromes associés.

 

Sources : Rapport de l’académie nationale de médecine à la demande du ministère de la santé et des solidarités – Drs MENKES et GODEAU)

 

Encyclopédie ORPHANET grand public 07/2006

 

Dr BLOTMAN mai 2007

 

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Article collecté sur le site :

http://forum.e-sante.fr/historique-avancees-prometteuses-nouveau-diagnostic/forum/872

 

Edité le 21 mai 2013 par,

 

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Lundi 20 mai 2013 1 20 /05 /Mai /2013 11:48

 

Cet article est mis en ligne dans le but de vous informer ;

 

il n'engage que son auteur.

 

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Vous avez sans doute entendu parler de l’EMDR. Mais savez-vous ce que cette méthode toute récente peut vous apporter ? Savez-vous qu’en quelques séances elle peut vous changer la vie ?


« L’Eye Movement Desensitization & Reprocessing », « désensibilisation et reprogrammation par le mouvement des yeux » est une psychothérapie qui a été popularisée en France par David Servan-Schreiber en 2003 avec son fameux livre « Guérir ».

 

En deux mots, c’est sans doute la plus belle invention thérapeutique que l’on ait vue depuis Freud et l’avènement des thérapies par la parole. Grâce à elle, des milliers de personnes ont été guéries en quelques séances de séquelles de traumatismes ou de ce que l’on appelle le syndrome post-traumatique, l’une des choses les plus difficiles à soigner en psychiatrie.

 

Acupuncture, shiatsu, TCC (Thérapie comportementale et cognitive), psychiatrie… des méthodes les plus douces aux plus dures, quand plus rien ne marche, seule l’EMDR peut encore guérir. Je dis bien guérir et non pas masquer le problème sous une camisole chimique (anxiolytiques, antidépresseurs, neuroleptiques…) comme le font les psychiatres dès qu’un problème psychique se présente.

 

Une psychothérapie validée par les autorités, sauf une…

L’EMDR est si efficace qu’en quelques années elle a été validée et reconnue par l’American Psychiatric Association, par le Département de la Défense et l’association des vétérans américains et depuis l’an dernier par l’OMS. Outre-Atlantique, elle est employée jusque dans les hôpitaux. En France, son utilisation est recommandée par la Haute Autorité de Santé (HAS).


Tout le monde est donc d’accord sur l’intérêt de l’EMDR.


Sauf ce « machin » – comme aurait dit De Gaulle – dénommé la Miviludes !

Dans son dernier rapport intitulé « Guide Santé et Dérives Sectaires », cette structure soi-disant anti-sectes présente l’EMDR dans la liste des pratiques dangereuses qui « ont en commun de permettre à leurs concepteurs d’obtenir des revenus très confortables ».


Considérée comme suspecte par ces experts d’on ne sait quoi, l’EMDR y est décrite comme une «  méthode thérapeutique censée permettre par les mouvements oculaires la remise en route d’un traitement adaptatif naturel d’informations douloureuses bloquées (par exemple après un choc traumatique), la mobilisation de ressources psychiques et la restauration d’une estime de soi déficiente. ». « Censée »… Ainsi dit, on peut supposer qu’il s’agit d’une thérapie de charlatans et de dangereux gourous.


Passez-moi l’expression mais c’est à se pisser dessus.


Cette discipline qui au premier abord paraît complètement loufoque (on vous agite un bâtonnet sous les yeux et c’est tout) regroupe des centaines de praticiens en France, psychologues cliniciens, psychothérapeutes, psychiatres, psychanalystes.

 

Le diplôme est délivré par une fédération internationale (EMDR France chez nous, émanation d’EMDR Europe) de façon très stricte. Il existe même une branche spécialisée de cette fédération qui intervient dans les zones de conflits pour soigner les victimes de traumatismes de guerre, par exemple les enfants dans la région des grands lacs en Afrique.

 

Soyons sérieux : comment ça soigne

Que se passe-t-il pendant une séance d’EMDR ?

Le thérapeute vous fait d’abord parler de façon à rassembler le maximum d’informations sur votre mal-être. Puis au bout d’un moment, il va faire appel à ce que l’on appelle des stimulations bilatérales.


La technique initiale consistait à stimuler latéralement les yeux, d’où le nom de la méthode, à l’aide d’un bâtonnet ou même d’un simple crayon que le thérapeute faisait osciller de droite à gauche et vice-versa en vous demandant de le suivre du regard. Mais la technique a évolué car on s’est rendu compte que tous les types de stimulation bilatérale donnaient le même résultat : le « taping » (le thérapeute vous tapote les genoux droit et gauche en alternance par exemple) ou les sons (à l’aide d’un casque qui vous envoie un son alternatif d’une oreille à l’autre) sont aussi employés.

 

Cette simple stimulation bilatérale permet au cerveau de « digérer » l’événement traumatisant et ses différentes composantes. Dès que la séance est terminée, et voilà le plus extraordinaire avec cette méthode, vous pouvez repenser à l’événement sur lequel vous avez travaillé sans que des émotions négatives n’apparaissent ou sans pleurer. Vous êtes émotionnellement guéri(e) et durablement.

 

Les images parlant mieux que les mots, je vous recommande vivement de visionner ce documentaire sur le sujet (ici). Vous verrez comment se déroule une séance et vous verrez comment une jeune femme victime de la guerre de 2006 au Liban, terriblement traumatisée, s’est métamorphosée en quelques séances.

Une psychologue l’a inventée par hasard en tombant malade…


L’EMDR est un outil de traitement des traumatismes qui a été créé à la fin des années 80 par une psychologue américaine, Francine Shapiro, du célèbre institut californien de Palo Alto.

 

Cette femme avait à l’époque beaucoup de problèmes psychologiques. Physiquement, cela l’affectait au point que ses yeux se mettaient à bouger horizontalement de manière incontrôlée.

 

A force, elle avait remarqué qu’à chaque fois que cela se produisait, ses angoisses s’atténuaient dans les minutes qui suivaient. Naturellement intriguée, elle a consulté ses copines psychologues qui n’y ont rien compris non plus. Toutefois, en essayant de reproduire ce phénomène avec elles, en leur demandant de faire bouger rapidement leurs yeux latéralement en pensant à un problème particulier, Francine Shapiro s’est aperçue que cela leur faisait le même effet.

 

Du coup, cette psychologue a commencé à faire des recherches sur ce drôle de phénomène et elle a fini par en faire un protocole de soins en intégrant des éléments de la TCC, de la PNL (Programmation neurolinguistique) et d’autres approches dont elle s’est inspirée.

 

Premiers succès sur les vétérans du Vietnam et sur des femmes violées


Les premières personnes avec lesquelles Francine Shapiro a utilisé sa méthode sont surtout des vétérans du Vietnam mais aussi des femmes qui avaient subi des violences ou des agressions sexuelles. Le succès a été immédiat, à tel point que l’EMDR a rapidement intéressé les scientifiques. Il y a maintenant des centaines d’études cliniques publiées sur le sujet.


Ces études se sont principalement focalisées sur le traitement des traumatismes, un domaine où il n’existait quasiment rien, et elles concluent plus ou moins toutes à l’efficacité de la méthode. On observe presque toujours une importante diminution des symptômes et cela sur une courte durée, ce qui en fait une méthode spectaculaire. Il suffit de quelques séances pour traiter un violent traumatisme et soulager définitivement les patients.

Le taux de réussite de l’EMDR est au minimum de 70%. Dans le documentaire que je vous ai indiqué, David Servan Schreiber cite une étude démontrant un taux de réussite de 80% après 3 séances seulement. 80%, c’est le taux d’efficacité des antibiotiques dans la pneumonie. Pour une psychothérapie, avouons que c’est impressionnant.

 

Merci David !


En France, cette méthode a débarqué de façon très confidentielle au milieu des années 90. Quelques spécialistes ont commencé à proposer de petites formations mais personne n’en parlait et les psychiatres ne voyaient pas ça d’un bon œil, loin de là.

 

La psychothérapeute Christiane Girelli, à Toulouse, fut l’une des premières en France à pratiquer cette thérapie, peu avant les années 2000. Elle a vite eu l’occasion d’éprouver l’efficacité de la méthode puisqu’elle a pris en charge des victimes de l’explosion de l’usine AZF fin 2001. Aujourd’hui encore, elle reçoit des personnes souffrant de troubles remontant à cet accident.

Mais c’est le livre de David Servan-Schreiber qui a provoqué chez nous l’explosion de l’EMDR. Beaucoup s’y sont mis, et beaucoup de charlatans aussi à l’époque, ce sur quoi la Miviludes est visiblement restée coincée. Pourtant, la discipline est aujourd’hui bien encadrée. Il suffit de bien s’informer pour éviter les brebis galeuses qui peuvent encore traîner.

Pourquoi les psychiatres et les psychanalystes n’aiment pas l’EMDR…


L’EMDR n’a pas la cote dans le monde de la psychiatrie même si quelques spécialistes commencent à se former à cette approche ou à envoyer leurs patients vers des spécialistes. Mais peu pratiquent.

 

En réalité, ce qui bloque encore chez les psychiatres, c’est qu’une séance d’EMDR demande au moins une heure or ils n’y trouvent pas leur compte vu que dans le même temps, il peuvent faire passer 3 ou 4 patients. Vu le tarif horaire de la psychiatrie, évidemment, cela n’est pas rentable.


Ce qui dérange au plus haut point les psychanalystes, aussi, c’est que cette méthode fait en 3 ou 4 séances d’une heure ce que dix ans d’analyse ne parviennent pas toujours à faire.


Comme la psychanalyse est une thérapie basée sur la parole, ses effets ne se manifestent que dans le cortex, notre cerveau analytique, le plus évolué, celui dont nous nous servons tous les jours pour penser. On retrace son histoire, on raconte, on radote… Or on sait aujourd’hui que tout ce qui est traumatisme ne se situe pas dans le cortex mais dans le cerveau limbique, primitif, là où se forment et résident les émotions.

Notre cerveau primitif : le cœur de nos émotions


Le cerveau limbique ou reptilien est celui qui contrôle nos comportements les plus primaires : c’est de lui que partent des émotions comme la peur, l’agressivité ou le plaisir, c’est en lui que se forme la mémoire.

 

Ce système limbique se compose principalement de l’hippocampe, de l’amygdale et de l’hypothalamus. Tous les blocages émotionnels qui se sont créés au moment du traumatisme se situent à ce niveau.


Et tant que l’on n’établit pas de connexion entre cerveau limbique et cortex, le problème reste intact. Un thérapeute de l’EMDR m’a ainsi raconté qu’il voyait souvent arriver des personnes souffrant de troubles psychologiques qui leur disaient : « Cela fait 5 ans que je vois un psychanalyste. J’ai tout compris à mon problème, je peux vous en parler pendant des heures, mais rien n’a changé ! ».


Pire : souvent, à force de parler de ses problèmes et de répéter et répéter, cela ne fait que renforcer ceux-ci. On s’obnubile, on finit par avoir des pensées obsessionnelles et par ressasser. Et cela ne fait qu’entretenir l’anxiété et l’angoisse liées aux problèmes en question.

 

Nous ne pouvons pas comprendre rationnellement nos traumatismes


Lorsqu’il y a traumatisme, les différents éléments de ce traumatisme sont stockés à différents endroits du cerveau mais pas dans le cortex, d’où l’impossibilité de comprendre (qui signifie étymologiquement « saisir par l’intelligence »). Vous avez une image, une odeur, une cognition c’est-à-dire des pensées du type « Je suis nul(le) » ou « Je ne suis pas à la hauteur », des sensations physiques, etc. Il n’y a pas de liens entre ces différentes zones de stockage des éléments du traumatisme dans le cerveau. Ce qui fait qu’ils persistent.


A chaque fois qu’une personne va par exemple sentir une odeur qui lui rappelle l’événement traumatisant, elle va déclencher une crise d’angoisse et sans forcément faire le lien avec celui-ci. Et comme le cerveau fonctionne par associations, il s’ensuit des chaînes de réaction psychosomatiques.

 

Autre exemple : une personne qui a été séquestrée va avoir du mal dans les situations où elle se sentira coincée, à l’étroit, jusqu’à parfois ne plus pouvoir sortir de chez elle de peur de la foule, etc. Tout s’enchaîne ainsi tant que le cerveau n’a pas trouvé la manière d’évacuer ce stress post-traumatique.

 

L’EMDR fait ce que votre cerveau devrait faire lorsque vous rêvez


Au quotidien, nous rencontrons tous de petites difficultés, des contrariétés, des situations déplaisantes. Les études sur le sommeil ont maintenant prouvé que ces événements sont « digérés » par le cerveau pendant que nous dormons.

 

Tout se passe pendant la phase de sommeil paradoxal, soit au dernier stade du cycle du sommeil, dans la phase où nous rêvons. Cette phase, curieusement – et vous allez tout de suite comprendre le lien avec l’EMDR – se traduit entre autres par ce que les chercheurs appellent le REM, Rapid Eye Movement : vos yeux bougent dans tous les sens.


Le sommeil paradoxal jouerait un rôle fondamental dans le transfert des éléments accumulés dans la journée dans le cerveau limbique vers le néocortex, nous permettant ainsi de digérer nos émotions en nettoyant notre cerveau limbique.

 

Lorsque vous rêvez, vous ne faites que nettoyer votre cerveau des stress de la journée et pendant ce temps, vos yeux bougent latéralement. Pour l’instant, on ne comprend pas en quoi ce mouvement peut permettre de favoriser ces connexions neuronales ou comment il y est lié mais ce dont on est sûr, c’est que le phénomène est extraordinairement efficace.


C’est le même processus qui s’opère dans l’EMDR : une reconstruction de la mémoire profonde du même ordre que celle qui se produit dans le sommeil paradoxal.

 

Si votre cerveau a du mal à faire ce travail la nuit, si vous êtes angoissé, déprimé et sous médication (hypnotiques, neuroleptiques, etc.), ce qui entraîne un mauvais sommeil paradoxal, des symptômes intrusifs vont apparaître : vous ferez de mauvais rêves à répétition, des cauchemars, avec en prime des « flashbacks » dans la journée, exactement ce que l’on observe chez les personnes qui ont vécu un fort traumatisme. Chez les traumatisés s’ajoutent dans la journée des symptômes dits d’évitement : on fait (inconsciemment) tout pour éviter ce qui pourrait nous rappeler ce qui s’est passé.

 

Une psychothérapie aussi valable pour le mal-être et la dépression


Rien ne vaut donc l’EMDR pour traiter les grands traumatismes : accidents de voiture, victimes de faits de guerre, de viol, d’agression, mort brutale d’un proche, etc. Mais la méthode, forte de ses 30 ans d’expérience, va plus loin aujourd’hui : on s’en sert aussi pour les petits traumatismes, des traumatismes de la vie moderne certes minimes mais qui, en s’additionnant, finissent par provoquer des dépressions ou des états anxieux sévères. Les thérapeutes parlent aussi dans ce cas de « syndrome post-traumatique ».

 

Outre le syndrome post-traumatique, il existe aussi le « stress post-traumatique » qui se traduit par des problèmes d’addiction, de dépression, de phobie. Pour ces cas, le praticien tente toujours de remonter aux traumatismes précédents et il s’avère que 8 sur 10 selon les thérapeutes que j’ai interrogés, il y a effectivement des traumatismes à l’origine de ces problèmes. On appelle cela un « ESPT complexe ».

 

L’EMDR sait aussi remonter aux sources de notre mal-être dans l’enfance. Ces petits traumatismes commencent dans l’enfance, dans cette période de la vie où notre cerveau est encore très malléable et où nous n’avons pas le recul nécessaire pour comprendre ce qui nous arrive. Ce peut être de simples paroles : « T’es nul ! », « Tu n’arriveras à rien », « Tu es feignant » ou ceci ou cela. Tous ces micro-événements de l’enfance s’ancrent en nous, au plus profond de notre cerveau limbique et contribuent à la construction du futur adulte.


Cela se traduira plus tard par un manque de confiance en soi, une mauvaise image de soi, une fragilité émotionnelle, un complexe ou n’importe quel autre travers psychologique.

 

C’est comme un programme informatique qui tourne dans votre tête et influence votre vision du monde et toutes vos actions. Cela peut déjà en soi devenir problématique mais si en plus des événements tels que licenciement, divorce, perte d’un proche ou harcèlement au travail vous tombent dessus adulte, il en résulte un syndrome post-traumatique.

 

Ce qui ne devrait être que souvenir reste bien dans le présent, comme une grande cicatrice émotionnelle dans votre cerveau. Cela entraîne des symptômes proches de ceux de la dépression et qui se manifestent d’ailleurs comme une dépression. Dans certains cas, les symptômes sont dits « bruyants » : délires, hallucinations… Il ne s’agit pas là d’une maladie mentale mais bien de l’expression d’un traumatisme.

Dans ce cas aussi, le travail du thérapeute en EMDR sera donc de « reprogrammer » votre cerveau et d’évacuer les mauvaises émotions en utilisant les mêmes techniques que pour les grands traumatismes.


Combien ça dure et combien ça coûte ?


Pour un traumatisme grave, récent et unique, cette thérapie nécessite entre 5 et 10 séances.


Pour le syndrome post-traumatique issu d’évènements répétés jour après jour, les prises en charge sont plus longues car il est nécessaire de remonter à tous les micro-traumatismes impliqués, ce dont les victimes ne se souviennent pas forcément ou n’ont pas conscience, à la différence d’un événement violent. Parfois cela peut demander jusqu’à 25 séances. L’un de mes proches a cependant guéri d’une très longue dépression en 5 séances.

 

Si, après toutes ces séances, l’EMDR ne donne pas de résultat, c’est tout simplement que le problème psychologique n’est pas de nature traumatique mais qu’il relève d’une maladie psychiatrique sérieuse, d’une psychose qui doit être prise en charge autrement.

 

Quant au coût d’une séance, méfiez-vous ! Un thérapeute raisonnable vous demandera dans les 60 à 80 euros pour une heure. Mais les tarifs peuvent dépasser les 120 euros et le cas n’est pas rare dans les grandes villes. Même si certaines mutuelles prennent partiellement en charge cette psychothérapie, cela fait cher.
Choisissez donc bien votre thérapeute en gardant à l’esprit que les plus chers ne sont pas forcément les meilleurs.

Dominique Vialard

 

 

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Article collecté sur le site :

http://www.alternativesante.fr/angoisses-stress-depression-comment-eviter-des-annees-de-therapie/

 

Edité le 20 mai 2013 par,

 

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Lundi 20 mai 2013 1 20 /05 /Mai /2013 11:41

 

 

 

Vidéo mise en ligne le 20 mai 2013 par,

 

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Lundi 20 mai 2013 1 20 /05 /Mai /2013 11:10

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Rappel sur la fibromyalgie

La fibromyalgie est un syndrome douloureux diffus. Autrement dit, les fibromyalgiques ont mal partout la plupart du temps.


La fibromyalgie est une maladie fréquente (3 à 6% de la population), qui touche préférentiellement les femmes (4 femmes pour 1 homme), entre 40 et 50 ans.


Un des problèmes avec la fibromyalgie est que son origine n'a pas été formellement identifiée. En conséquence, on ne sait pas la prévenir ni véritablement la traiter.


Concernant les activités physiques, il est évident que le fait de souffrir continuellement empêche les patients de vaquer à leurs occupations quotidiennes. Il s'agit ici d'un véritable cercle vicieux : la douleur empêche les fibromyalgiques de bouger, mais moins ils bougent, plus ils ont mal.


D'où l'intérêt de cette étude, montrant que cela vaut vraiment la peine de faire de l'activité physique tous les jours.

 

L'activité physique réduit la douleur des fibromyalgiques d'un tiers !

Cette étude a porté sur 84 personnes atteintes de fibromyalgie depuis plusieurs années et ayant un niveau d'activité physique faible.


La moitié d'entre eux devait intégrer dans leurs journées un total de 30 minutes d'activités physiques de leur choix : marche, ménage, jardinage, sport, etc.


Plus précisément, il s'agissait de 30 minutes d'activités 5 à 7 fois par semaine avec un début progressif, à savoir seulement 5 minutes la première semaine, puis 5 minutes de plus chaque jour.

Au bout de 2 mois, les fibromyalgiques actifs ont augmenté leur nombre de pas quotidiens de 54% (port d'un podomètre). Ils ont également vu leur endurance augmenter de 20%, et leur perception douloureuse diminuer de 35%.


Leurs limitations physiques ont aussi été réduites de 18%.

   

Contre la douleur de la fibromyalgie,

On peut aussi bouger plus en cumulant les activités quotidiennes.


L'autre intérêt de cette étude est qu'elle démontre qu'il n'est pas forcément nécessaire de s'adonner à un véritable programme sportif.


Le cumul d'activités faisant partie de la vie quotidienne peut suffire à atteindre un total de 30 minutes :


Marcher davantage ou d'un pas plus actif, prendre les escaliers au lieu de l'ascenseur, bricoler, tondre le gazon ou arracher les mauvaises herbes, passer l'aspirateur, etc., tout compte !


Et en effet, l'adhésion aux consignes (30 minutes quotidiennes 5 à 7 fois par semaine) a été ici de 90%, contre moins de 60% dans les études imposant le respect d'un véritable programme d'entraînement physique.

 

Source :

www.e-santé.fr - article du 15 mai 2013

 

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Article collecté sur le site de mon amie Fleur14 que je remercie infiniment :

http://fleur14.canalblog.com/archives/2013/05/20/27191248.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=fleur14

 

Edité le 20 mai 2013 par,

 

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Samedi 18 mai 2013 6 18 /05 /Mai /2013 18:46

 

 

 


Face à la concurrence des médicaments de marque et sous le poids des idées reçues dénigrant leur efficacité, le marché des génériques est mis à mal. Dans une étude publiée le 10 décembre, la Mutualité Française répond point par point aux attaques diverses contre ces médicaments et formule 10 propositions pour favoriser leur développement.


 

Des produits "potentiellement dangereux", "moins bien contrôlés", "pas réellement équivalents aux médicaments de marque", "parfois plus chers que leur princeps" et dont la substitution peut entraîner des effets indésirables…. Que n’entend-on pas sur les médicaments génériques !


 

C’est pour opposer des faits, scientifiquement établis, à une certaine forme de "diabolisation purement française", que la Mutualité a publié le 10 décembre, un nouveau rapport d’étude sur les génériques.

 

A l’heure où le marché des médicaments génériques donne pour la première fois des signes d’essoufflement, ce document actualise et complète la vaste étude déjà menée en 2008 et intitulée "Bilan de 25 ans de politique du médicament générique. Propositions pour une politique plus ambitieuse". Outre un état des lieux approfondi et documenté permettant au lecteur d’objectiver son raisonnement, il formule également 10 propositions concrètes "pour restaurer la confiance dans les médicaments génériques et développer leur utilisation".


 

"Par ailleurs, fait valoir Dorothée Camus, chargée de mission au département Politique des produits de santé de la Mutualité Française, ce rapport décrypte le jeu des différents acteurs sur ce marché : laboratoires, médecins, visiteurs médicaux, associations de patients, pharmaciens….Personne ne s’était encore livré à l’exercice". C’est désormais chose faite, avec, de surcroit, une dimension européenne.


 

Mêmes chaînes de production


Ainsi, expliquent leurs détracteurs, les médicaments génériques seraient de mauvaise qualité car produits par des fabricants indiens ou chinois. C’est notamment l’idée soutenue par le dernier rapport de l’Académie de médecine sur le sujet, publié en février, qui met en cause la sécurité des génériques. Elle serait sujette à caution, selon ses auteurs, car liée à "une délocalisation massive de la production" dans des pays décrits comme moins exigeants en termes de qualité.


 

Or, démontre le rapport, "les médicaments génériques sont soumis aux même règles de fabrication et de contrôle qualité que les médicaments de référence". De même, "les entreprises autorisées à fabriquer les médicaments et autres substances actives le sont sans distinction de la validité du brevet des substances amenées à être produites". Ainsi, "certains génériques sortent des mêmes chaînes de production que leur produit de référence".


 

Autre élément montré du doigt : les excipients à effet notoire contenus dans les génériques et diminuant leur tolérance chez certains patients. Huile d’arachide, huile de ricin, fructose, amidon de blé… : ces excipients, dont la présence peut nécessiter des précautions d’emploi particulières, peuvent être présents dans tous les médicaments, qu’ils soient génériques ou princeps.


 

Grâce à une étude des prescriptions les plus importantes du répertoire des génériques et bénéficiant de forts taux de substitution, le rapport montre que l’existence des excipients à effets notoire ne peut donc pas être reprochée aux seuls médicaments génériques. Sans compter que, "dans bien des cas, les génériqueurs développent des médicaments sans excipient à effet notoire alors que le princeps lui-même en contient".


 

Campagne d’information


Le rapport 2012 de la Mutualité met également en avant des propositions novatrices. Il préconise notamment la mise en place, au sein de l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM), d’un observatoire du marché des génériques.


 

"Pourquoi ? Parce qu’aucune observation du marché n’existe actuellement, regrette Laure Lechertier, responsable du département Politique des produits de santé. Nous ne disposons d’aucune statistique périodique, ni d’analyse des transferts de prescriptions qui s’opèrent lorsqu’un brevet tombe. Un organisme indépendant permettrait en outre de faire apparaître les stratégies des laboratoires pour protéger leurs molécules et de dresser des comparaisons européennes. L’objectif est d’améliorer la prescription des génériques et d’anticiper les abus et détournements de prescription".


 

Autre proposition : en finir avec la déconnexion du prix réel et du prix facial (figurant sur la vignette) des médicaments, quel que soit leur statut brevetaire. En d’autres termes, il s’agit de s’opposer aux diverses remises accordées par les laboratoires à certains financeurs tandis que d’autres "surpayent" les médicaments.


 

Par ailleurs, le retour à la confiance du grand public pourrait être soutenu par une campagne d’information multipartenariale et pluriannuelle. Face au dénigrement des génériques, un message coordonné et collégial, émanant de l’ANSM, de la Haute Autorité de santé (HAS), mais aussi de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) et de la Mutualité aurait pour vertu d’ "informer et de rassurer les usagers de notre système de soins sur la qualité, la sécurité et l’efficacité des médicaments génériques".


 

Enfin, deux propositions concernent les médicaments biosimilaires, autrement dit des copies de médicaments biologiques. Un médicament biologique est une substance produite à partir d’une cellule ou d’un organisme vivant, explique le rapport. "L’objectif de ces deux recommandations est de créer un environnement réglementaire et économique propice au développement des biosimilaires".

 

 

Sabine Dreyfus

 

MÉDICAMENTS BIOSIMILAIRES

FAVORISER L’INNOVATION THÉRAPEUTIQUE

C’est l’un des points innovants abordés par l’étude de la Mutualité Française sur les génériques : comment créer un environnement réglementaire et économique propice au développement des médicaments biosimilaires, qui constituent "un axe majeur d’innovation thérapeutique" ?


Un médicament biosimilaire est "un médicament issu des biotechnologies qui copie en termes de qualité, de sécurité et d’efficacité un produit biologique préexistant dont les brevets sont tombés dans le domaine public", explique ce document. Autrement dit, il s’agit d’une copie d’un médicament biologique, c'est-à-dire un médicament obtenu à partir d’une cellule ou d’un organisme vivants. Par exemple, les hormones, (hormone de croissance, érythropoïétine…), les interférons ou encore les facteurs de coagulation.


Les médicaments biologiques sont des médicaments de spécialité, coûteux, et à forte valeur ajoutée, utilisés dans le traitement de pathologie lourdes.


"Le développement des biosimilaires constitue un enjeu majeur à la fois d’un point de vue économique et d’un point de vue sanitaire, soutient l’étude. Ils constituent, pour les patients, une solution thérapeutique similaire d’un point de vue de la qualité, de l’efficacité et de la sécurité, aux médicaments de référence pour un coût moins élevé".


 

LES 10 PROPOSITIONS DE LA MUTUALITÉ FRANÇAISE

1. Mobiliser les médecins comme acteurs majeurs de la politique des génériques.

2. Donner une meilleure visibilité sur les dates d’expiration des brevets ainsi que leur nature afin de limiter le nombre de recours.

3. Elargir le champ du répertoire des génériques.

4. Créer un répertoire des équivalents thérapeutiques.

5. Créer, au sein de l’ANSM, un observatoire du marché des médicaments génériques pour mieux identifier les transferts de prescriptions et déceler les stratégies de contournement.

6. Développer une politique de prix plus transparente et dynamique compatible avec le développement de l’offre générique.

7. S’opposer fermement a toute déconnexion du prix réel et du prix facial des médicaments, quel que soit leur statut brevetaire.

8. Mettre en place une campagne multipartenariale et pluriannuelle pour restaurer la confiance du grand public dans les génériques.

9. Créer un répertoire des médicaments biosimilaires, notamment pour faciliter l’initiation des traitements avec un biosimilaire.

10. Mettre en place une politique de prix des biosimilaires, compatible avec le développement de l’offre.

 

 

 

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Article collecté sur le site :

 http://www.mutualite.fr/


Edité le 18 mai 2013 par,

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